La mort de mon père

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phuongmainguyen

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La mort de mon père 10.10.2008 09:34:13 (permalink)
Le soir était tombé quand mon frère a décidé de sortir.  Il m’a dit devant la porte d’entrée: “Je vais revenir dans une heure.  Si papa me cherche, dis-lui que je reviendrai bientôt.”
            Mon père était malade depuis une semaine, pourtant ce matin là il est allé se promener.  Il  était tombé et  les voisins l’avaient aidé à rentrer chez nous, il avait dormi tout l’après-midi.  Une demi-heure après que mon frère était parti, mon père s’est réveillé.  Il s’est levé et s’était assis au bord du lit.
            - Avez-vous faim, papa?  je lui ai demandé.
            Il a fait non de sa tête en parlant à voix basse.
            - Les roses fleurissent.  Qu’elles sont belles!
            - Pas encore, mais  je pense qu’elles fleuriront le mois prochain.
            J’ai pensé qu’il avait parlé des roses de notre jardin.
            - Ton grand-père a planté toutes sortes de roses, il a continué lentement.  Quelques fleurs étaient aussi grandes que les bols de soupe.  Comme j’aime la fragrance des roses fraîches du petit matin !  Nous avions toujours cueilli des roses pour les anniversaires.
            Il ne nous avait jamais parlé de son enfance et de ses parents jusqu’alors.  Nous savions seulement que ma grand-mère restait dans le Nord avec notre tante en laissant mon père, âgé de six ans, avec mon grand-père quand le pays avait été divisé par la guerre.
            - Papa, comment vous sentez-vous?
            J’ai voulu le toucher pour voir s’il avait de la fièvre mais j’ai hésité.  Il y avait des années que nous ne nous étions pas embrassés et à cet instant-là, il était pour moi un inconnu.
            - Ta grand-mère faisait bien la cuisine! il a repris avec faiblesse.  Elle faisait les meilleurs gâteaux...  Elle aidait à organiser la foire du village chaque année.  Elle m’y emmenait et j’ai goûté tous les merveilleux plats que les femmes du village avaient préparés.  Comme elle me manque !  J’étais souvent assis sur les escaliers devant le porche lorsque le soir venait et quelquefois je pleurais quand je me souvenais d’elle.
            - Etes-vous sûr que vous ne  voulez pas un peu de soupe?  je lui ai demandé encore une fois, me rendant compte qu’il n’avait rien mangé depuis le matin.
            Il balbutiait quelque chose en fixant aveuglément le mur devant lui.  Il ne semblait ni me voir ni m’entendre.  Il n’a même pas remarqué que mon frère n’était pas là.  J’ai poussé un soupir de soulagement quand mon frère a frappé à la porte.
            - Pourquoi rentres-tu si tard?  Quelque chose ne va pas.  Papa m’a raconté des choses très étranges.
            - Les roses!  Il y a beaucoup de roses!   Les plus énormes sont les plus belles et les plus parfumées. 
            - Papa, buvez votre thé et allez-vous coucher, lui a ordonné mon frère en versant le thé bouillant du thermos.  Mon père l’a bu sur le coup.  Dès qu’il a senti le thé chaud dans sa bouche, il a frissonné en grimaçant.
            - Couchez-vous, papa! mon frère a répété.  Et dormez bien! 
            Mon père s’est étendu docilement et il a fermé les yeux tout de suite.  Il ne s’est jamais réveillé de son rêve.  C’était la première et aussi la dernière fois qu’il m’a parlé de son enfance.
 
            Il y a des années que mon père est mort et je n’ai guère parlé de lui, même avec mon frère.  Mon père était si distant envers nous quand il vivait que ma mémoire ne retient aucun souvenir de lui.  Je suis sûr qu’il y a certains moments de sa vie, de son enfance et de son adolescence qui méritent d’être rappelés. 
            Quelques années auparavant, quand j’ai suivi un cours de français, mon institutrice nous a demandé d’apporter une photo et d’en parler.  La photo que j’ai montrée à ma classe est celle que mon père m’a photographiée quand j’avais deux ans.  Quelques personnes m’ont demandé sur mon enfance et j’ai trouvé, avec surprise, que je ne me suis souvenue guère de ma vie.  Le passé était comme un trou noir sans fond qui ne reflète aucune signification.  Depuis ce jour-là, je réfléchis beaucoup sur ma vie et je comprends pourquoi mon père n’a pas parlé de son enfance.  Il a eu peur de revivre le malheur d’être séparé de sa mère, mais en évitant les souvenirs douloureux, il négligeait aussi les beaux souvenirs.  Je mis un effort de ma part de creuser dans ma mémoire pour chercher une signification possible pour mon existence.  Comme les cailloux jetés dans les puits, je crois entendre un écho distant qui devient de plus en plus clair.  En distançant moi-même de la petite fille ou de l’adolescente que j’étais autrefois, je peux la décrire plus effectivement et plus vraie.  Réveillant de leurs longs sommeils, chacun de mes souvenirs, bon ou mauvais, me suivent fidèlement comme des ombres.  Ils m’assurent que malgré que je ne sois qu’une personne commune, mon passé mérite d’être rappelé.
 
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