Michel de Montaigne

Tác giả Bài
M.H. Nguyen

  • Số bài : 130
  • Điểm thưởng : 0
  • Từ: 26.10.2010
  • Trạng thái: offline
Michel de Montaigne 16.08.2014 18:09:26 (permalink)
Ce matin, le soleil est rayonnant, une tasse de café à la porté, la tranquillité tout autour...
Et ce petit livre " Un été avec Montaigne" d' Antoine Compagnon entre les mains, que de bonheur: si simple, si beau...
La lecture et le partage, quoi de mieux?!
Merci l'auteur  et le grand philosophe des siècles!
 
 
***
 
La conversation.
 
Comment Montaigne se comporte-t-il dans la conversation, que ces soit un entretien familier ou une discussion plus protocolaire ? Il l’explique au chapitre « De l’art de conférer », dans le troisième livre des Essais.

La conférence, c’est le dialogue, la délibération. Il se présente comme un homme accueillant aux idées des autres, ouvert, disponible, et non têtu, borné, buté dans ses opinions :
   «  Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues, de loin que je la vois approcher. Et pourvu qu’on y procède d’une trogne trop impérieusement magistrale, je prends plaisir à être repris. Et m’accommode aux accusateurs, souvent plus, par raison de civilité, que par raison d’amendement : aimant à gratifier et à nourrir la liberté de m’avertir,  par la facilité de céder » (III, 8,1447).

Montaigne assure qu’il respecte la vérité, même lorsqu’elle est prononcée par quelqu’un d’antipathique. Il n’est pas orgueilleux, ne ressent pas la contradiction comme une humiliation, aime à être corrigé s’il se trompe. Ce qu’il apprécie peu, ce sont les interlocuteurs arrogants, sûrs de leur fait, intolérants.
Il semble donc un parfait honnête homme, libéral, respectueux des idées, n’y mettant aucun amour –propre, ne cherchant pas à avoir le dernier mot. Bref, il ne conçoit pas la conversation comme un combat qu’il faudrait emporter.

Pourtant, il ajoute aussitôt une restriction : s’il cède à ceux qui le reprennent, c’est plus par politesse que pour s’améliorer, surtout si son contradicteur est infatué de lui-même. Alors il s’incline, mais sans soumettre son intime conviction. N’est-ce pas là de sa part une feinte, malgré son éloge constant de la sincérité ?  A ses adversaires effrontés, et même aux autres, il tend à donner raison sans résister, par courtoisie, pour, dit-il, qu’on continue de le détromper, de l’éclairer. Il faut rendre les armes  à l’autre-ou du moins de lui faire croire-, afin que celui-ci n’hésite pas à vous donner son avis dans l’avenir.

   «  Toutefois, poursuit-il, il est malaisé d’y attirer les hommes de mon temps. Ils n’ont pas le courage de corriger, parce qu’ils n’ont pas le courage de souffrir à l’être : Et parlent toujours avec dissimulations, en présence les uns des autres. Je prends si grand plaisir d’être jugé et connu, qu’il m’est comme indifférent, en quelle des deux formes je le sois. Mon imagination se contredit elle-même si souvent, et condamne, que ce m’est  tout un, qu’un autre le fasse : vu principalement que je ne donne à sa répréhension, que l’autorité que je veux. Mais je romps paille avec celui, qui ne tient si haut à la main : comme j’en connais quelqu’un, qui plaint son avertissement, s’il n’en est cru : et prend à injure, si on estrive [renâcle] à le suivre » (1447).

Montaigne regrette que ses contemporains ne le contestent pas assez, par hantise de se voir eux-mêmes contestés. Comme ils n’aiment pas être contrariés, que cela les humilie, ils ne contrarient pas, et chacun s’enferme dans ses certitudes.

Nouveau et dernier tournant : si Montaigne acquiesce aisément à autrui, c’est non seulement par urbanité, pour encourager son interlocuteur à lui donner la réplique, mais aussi parce qu’il est peu sûr de lui-même, que ses opinions sont changeantes, et qu’il se contredit tout seul. Montaigne aime la contradiction, mais il suffit à se la donner. Ce qu’il déteste par –dessus tout, ce sont les gens trop fiers qui s’offusquent que l’on ne se range pas à leur avis. S’il est bien une chose que Montaigne condamne, c’est la suffisance, la fatuité.
 
 
 
***
 
 
 Extrait du livre "Un été avec Montaigne" d’Antoine Compagnon.
 
 
<bài viết được chỉnh sửa lúc 16.08.2014 19:48:28 bởi M.H. Nguyen >
 
#1
    Online Bookmarks Sharing: Share/Bookmark

    Chuyển nhanh đến:

    Thống kê hiện tại

    Hiện đang có 0 thành viên và 2 bạn đọc.

    Chú Giải và Quyền Lợi

    • Bài Mới Đăng
    • Không Có Bài Mới
    • Bài Nổi Bật (có bài mới)
    • Bài Nổi Bật (không bài mới)
    • Khóa (có bài mới)
    • Khóa (không có bài mới)
    • Xem bài
    • Đăng bài mới
    • Trả lời bài
    • Đăng bình chọn
    • Bình Chọn
    • Đánh giá các bài
    • Có thể tự xóa bài
    • Có thể tự xóa chủ đề
    • Đánh giá bài viết

    2000-2022 ASPPlayground.NET Forum Version 3.9